Archive pour la catégorie 'Point de vue'

23
jan
12

Mega Up Louche

Le FBI a fermé le site megaupload

MEGAUPLOAD est fermé par le FBI.

Dommage que cela ne rime pas avec Hadopi en américain. L’effet est plus important. Depuis plus d’un an, je visite les forum “d’échanges de liens” pour comprendre la démarche de la “culture pour tous”. La réaction sur les forum est de deux ordres 4 jours après la fermeture de Megaupload : “bon, les gars, on a décidé de nous faire chier, mais on est là pour résister, on va switcher tous les liens sur une autre plateforme” ou “Merde, je dois tout re-uploader, ma centralisation de mes 787 films. Je ne suis même pas payer pour faire ce boulot, et je quémande les mercis à longueur de post sans résultat” (sic)

Alors je tiens à informer tous les abonnés de Megaupload comme Madame Rokhaya Diallo (Chroniqueuse sur RTL, Le Mouv et Canal+), qu’ils ont autant de chance de se faire rembourser que s’ils avaient investis dans une voiture volée… Sauf que les abonnés ont payé avec une CB…

Kim Dotcom gagnait 115 000 $ par jour avec Megaupload. Vous trouverez sur le net la liste de ses voitures de luxe.

Resurgie des entrailles du net, la vidéo “Kimble [un de ses surnoms] va à Monaco” le montre avec des associés et des amis à l’occasion d’un grand prix de Formule 1, dans une procession de voitures de luxe ou lors d’une fête sur le yacht Golden Odyssey, s’aspergeant de champagne au milieu de jeunes femmes légèrement vêtues.

Le film d’une trentaine de minutes, débutant sur le générique de la série américaine “Dynasty”, est dédié “à tous mes fans”, et résumé en ces quelques mots : “Voitures rapides, filles chaudes, superyachts et fêtes incroyables ! La décadence règne”.

Il est intéressant de noter que le bling bling lié aux revenus illégaux font peu réagir.

A tous ceux qui prennent la défense du direct download, comme auparavant le P2P, n’oubliez pas que le partage n’est possible qu’avec du contenu vous appartenant.

Bonne semaine.

15
oct
11

New Money

gros billetLa prime de 1000 € c’est un problème de riches ! J’ai découvert les tickets restaurant, les chèques vacances et les RTT quand j’ai embauché mes premiers salariés au régime général. Le chef d’entreprise n’a pas le droit à cela, et l’inconscient collectif associe le patron d’une TPE à un capitaliste notoire, touchant salaire, prime, avantages en nature et dividendes. Et en plus, il est propriétaire de sa boite ! Nous sommes tous balaises pour faire des raccourcis sociaux. Une caricature est toujours plus claire dans la tête des gens, et cela évite de réfléchir. Je fais pareil en mettant toutes les banques dans le même sac sur la facturation systématique de frais et la création de valeur sur les soldes négatifs.

Bref, je ne vais pas ici exposer qu’avec beaucoup d’argent, je serais fort riche. Je me suis mis à penser à de nouveaux revenus issus de l’activité dans la musique, au profit des artistes et de leurs partenaires. Facebook a été plus rapide en signant des accords avec les tuyaux d’écoute de musique (Spotify, Deezer, Soundcloud, Vevo…). Contre 30% des revenus générés (sur le même schéma que Zinga), Facebook va non seulement récupérer de la new money via ses 800 millions d’utilisateurs, mais va en plus connaître ce qu’ils écoutent. Ces flux d’écoute seront collectés pour ensuite facilement les monétiser via des offres publicitaires pour proposer du merchandising, des places de concert, des nouveaux albums, etc… Un nouvel intermédiaire entre le public et les artistes est en train de naître.

Une boite de tunesLe grand public a une image sur les producteurs de l’industrie musicale complètement faussée, et ces producteurs n’ont rien fait pour améliorer cette image. J’entends ceux que les journalistes invitent à la télé, à la radio et dans les débats. 4 majors (Universal, Warner, Sony et EMI) pour l’instant, en France 4 gros indés (Because, Naïve, Wagram, PIAS), et plus de 1500 structures plus modestes plus proche de la TPE que de la PME. Autant de gens au service des nouveaux talents, rarement serein en terme de trésorerie, qui sont mis dans le même sac que le porte parole de Vivendi qui explique ses 45% de parts de marché dans le top parce qu’il y a tout son back catalogue. Son job est de faire briller les actifs, les “petits” essayent de ne pas être passif quand le fruit de leur labeur veut changer de main. Pas facile de créer des outils permettant d’assurer  la pérennité des labels tout en préservant la diversité culturelle.

Le producteur de musique est avant tout un entrepreneur. A ce titre, il accepte de risquer ses finances sur un projet artistique. Les artistes étant rémunérés à toutes les étapes du processus, le retour sur investissement devient plus complexe au fur et à mesure de l’illusion de la gratuité des contenus. Les modèles économiques sont remis en question tous les mois et chacun cherche tous les jours des moyens de s’en sortir, malgré les coups de butoir des artistes qui ne comprennent pas pourquoi une équipe réduite est débordée par le boulot, les coups de butoir des sites de direct download qui prônent la culture pour tous gratuite, les coups de butoir des politiques avec des solutions fumeuses sur la distribution d’une taxe internet pour tous, les coups de butoir incessants des médias qui expliquent que l’industrie musicale n’a rien fait pour ne pas se retrouver dans cet état tout en la critiquant d’agir pour protéger ses droits.

arbre à moneyLa filière musicale a le plus souffert de l’impact du téléchargement et de la copie illégale, tout en étant le secteur culturel le moins aidé. La taxe Cosip (taxe payée par les distributeurs de télévisions, FAI principalement) pourrait faciliter de nouveaux financements. les 278 Millions collectés en 2010 et fléchés uniquement vers le cinéma (alors qu’on parle d’audiovisuel) pourraient en partie (95 Millions) revenir à un nouvel organisme : C.N.M. (Centre National de la Musique). Ce nouvel édifice regrouperait tout la filière (scène, disque, édition…). Le CNM gèrerait des financements administrés par d’autres sociétés civiles et incorporerait le FCM et le Bureau Export. Cela donnerait un guichet unique pour les aides à la production, à la tournée et au clip.

Le “New Money” se répartirait comme suit :

- 7 Millions pour les auteurs/compositeurs et les éditeurs

- 25 Millions pour les activités liées aux concerts

- 45 Millions pour les producteurs de contenus

Reste à coordonner la distribution, sans tomber dans le droit de tirage systématique favorisant les gros et uniquement les gros, et le saupoudrage éparse ne favorisant pas grand chose pour les petits. Les échéances électorales risquent de hâter tout cela pour le meilleur et pour le pire.

A Suivre…

 

20
août
11

La Google attitude

Google a acheté Youtube (1,65 Md$), Google a acheté Double Click (3,1 Md$), Google a acheté ITA Sofware (700 M$), Google achète Motorola (12,5 Md$), etc… Aucun achat dans la création de contenu.

Pourtant le prix à payer n’est pas exorbitant en 2011 : Warner a 3,5 Md$, Chrysalis 168,6 M$, EMI sera bradé en dessous de 3Md$, Europacorp serait valorisé 65 M€, etc…

Du coup, je me dis que le contenu n’est pas une valeur a acheté pour un industriel du tuyau et du péage du tuyau. L’intérêt est dans la logistique, la densité du flux, et la captation de dime au passage.

Alors pourquoi ne pas imaginer GOOGLE acheter un industriel de l’électroménager mondial ? Car un frigo ou un lave vaisselle connecté à Internet doit donner un max d’info sur nos habitudes de consommation. Il est assez facile d’imaginer la valorisation de ces informations à revendre aux industriels de l’alimentation, les hypermarchés et les vendeurs de poudre à laver.

Je verrais bien GOOGLE acheter un constructeur automobile. Les voitures commencent à être connecté à Internet via satellite, il est donc imaginable d’une part de récupérer les informations de trajet rentrées sur le GPS, et dans un second temps d’envoyer des suggestions de shopping, de restaurant ou d’arrêt touristique sponsorisé.

Pourquoi ne pas imaginer des participations dans les compagnies aériennes et ferroviaires ? Le public captif pendant la durée du voyage peut livrer beaucoup d’information sur les utilisations de contenus de loisirs. Si on peut connaître les goûts musicaux, cinématographiques ou littéraires, pour revendre les prescriptions aux producteurs de contenus qui n’existent plus… Ne tue-t-on pas un acteur de la chaîne ? Ne perd-on pas ensuite une diversité culturelle ? Ne bloquons pas le libre arbitre du public ?

Google Music, pour l’instant disponible sous forme de bêta fermée,  se focalise de plus en plus sur la mise en avant des artistes et des sites qui leurs sont dédiés.

Magnifier est un moyen de découverte pour de la musique… gratuite. Chaque jour, une nouvelle chanson sera donc proposée et il sera possible de la rajouter à votre compte Google Music. Chaque semaine, c’est un artiste qui sera mis en avant de la même manière.

Un service de découverte, mais qui n’est pas ouvert aux artistes, pour le moment !

Alors, ai-je tort de m’inquiéter ?
George Orwell visionnaire donc, nous ne faisons plus un pas sans être observé, bon. Peut-on être rémunéré pour cela ?

19
mai
11

Du côté où la lune brille plus fort

C’est en ces moments d’amertume ponctuelle que je me remets en cause, dans mon fonctionnement, mes actes et ma façon d’être. Impossible de passer à côté d’un moment pareil sans y laisser des plumes. J’ai l’impression parfois d’être la victime d’une ingratitude typique.

Depuis plus de vingt ans que je travaille avec des artistes, j’ai dégagé des points communs, et je m’évertue à les camoufler derrière d’autres objectifs à chaque nouvelle rencontre. Je me dis : « cette personne n’est pas comme les autres, à travers ses ambitions, je perçois une envie de bâtir une collaboration sur le long terme ».

Comme un con, je reste persuadé que personne n’est parfait. Je connais mes forces et mes faiblesses, et après avoir étalé mes « forces » pour séduire, une complicité saillante me pousse à être transparent sur mes faiblesses. Et bien, comme dans beaucoup de situation, dans le « business » de la musique, on ne doit pas étaler ses faiblesses.

Du coup, je ne peux m’empêcher de réfléchir au mimétisme que je pourrais travailler, en étudiant les politiques, les capitaines d’industrie et les militaires. Ne rien laisser paraître de ses sentiments. C’est possible de l’appliquer dans la filière musicale, je l’ai déjà vu chez ces patrons de label que je côtoie dans les réunions et assemblée.

Toutefois, j’ai envie de mettre en garde l’artiste qui prendrait le temps de me lire. Si on vous dit que la lune brille plus fort d’un côté, ce n’est pas vrai.

Votre premier partenaire connaît la belle sœur du frère du stagiaire d’un label ? Vous le quitterez pour la belle sœur !

Je m’égare. Je dois me remettre en question pour l’avenir, pour ne plus renouveler mes erreurs. A tous les artistes qui se reconnaitront, je tiens à vous présenter mes excuses d’avoir :

-       commencer à travailler sans attendre la signature du contrat entre nous

-       cru que nous étions associés pour le meilleur et pour le pire

-       été transparent sur tous les avis, les retours

-       été 100% disponible

-       gaspiller ma trésorerie, mon énergie, mon temps pour le projet sans rien attendre en retour

-       pas su dire que la lune brille plus fort de mon côté

 

Dans un monde de paillettes, qui tient le meilleur rôle ? Celui qui fait clignoter les spots ou celui qui fait tourner la boule à facettes ?

27
avr
11

Le Bluzz

Samedi, j’ai été dans un festival à Cambrai. J’ai enchainé après le retour de nuit du Printemps de Bourges. Au cours d’une conversation avec un artiste, je me suis entendu parler du Bluzz, comme stratégie de développement. Un mélange de bluff et de buzz. C’est dans l’ère du temps. Je me verrais bien en inventeur du bluzz en fait.

Pour mériter le titre, il faudrait avoir quelques résultats à mettre sur la table, et ce n’est pas chose facile. Un bluzz échappe souvent à son auteur. Quand j’étais tourneur en 1993, les organisateurs devaient me faire confiance sur le boulot de la maison de disque, de la promo et du marketing, du fait que tout le monde était en train de programmer le groupe dont je parlais. Seulement quand tu démarres le démarchage pour dEUS avant la signature chez Island UK, personne n’est motivé. L’effet bluzz arrive en juillet 1994 au lendemain de leur deal anglais. Bingo, tout le monde les veut. C’est l’effet Kiss Cool du label prestigieux. Phénomène que j’ai retrouvé avec OUT pour leur 2e album chez Roadrunner. Pour Useless en 1997, difficile d’expliquer l’engouement avant la signature chez EMI. Label que nous avions du choisir parmi toutes les offres. Certainement la conjonction de la tournée de 120 dates avant, la participation au FAIR, Transmusicales, Printemps de Bourges, etc… a fait le reste. Tout le monde voulait Useless. Encore un cas d’école pour moi. Je n’ai jamais levé autant de fond pour un artiste pour lequel j’ai été manager…

Quand j’ai conclu un accord avec K.Maro au Midem 2004, il avait déjà fait le tour des majors en décembre 2003. J’ai enchainé Cannes avec 3 jours à Paris à voir tout le monde. Et je leur disais : “j’ai le tube de l’été” ! Ben… aucune offre ! Il n’y a eu que Dodo chez East West, avec qui j’écoute plutôt du rock couillu, qui m’a dit “tu as peut être raison Bill”. Et Michaël Wijnen m’a fait une offre dix jours après. Le titre a été présenté en radio avec quelques améliorations, 3 semaines plus tard, et il est rentré 12 fois jours sur NRJ grâce à Roberto. “Femme Like U” a été N°1 dans 17 pays. Si ce n’est pas du bluzz ça !

Lorsque son pseudo manager me présente le clip de “Marly Gomont” de Kamini, je m’empresse de le rencontrer et de lui faire une offre. Sur la promesse orale de signer avec WTPL en édition, j’envois le lien du clip à plusieurs D.A. en fin de matinée du 12 septembre 2006. Je reçois 8 propositions écrites dans les 2H. Comme quoi les D.A. sont toujours aussi bons. L’envoi à Cauet le même jour permet de faire l’émission une semaine après, et le passage au Grand Journal met en lumière ce qui nous a complètement échappé : l’engouement du public à se refiler le lien du clip. Le bluzz est en route. Le clip sera le gagnant des Victoires de la Musique 2007, et j’aurais participé à de nombreux meeting avec des patrons de labels et de majors, avec des offres de fous pour récupérer le projet. Projet qui m’échappera ensuite, car ni le manager, ni l’artiste ne se souviendront du début de l’histoire…

En 2007, je m’engage sur Tom Frager. Humainement ça clique et je pense que “Lady Mélodie” est un hit. Pas moyen de trouver un deal en maison de disque. On fait un accord avec Believe pour le sortir en digital et pusher le clip sur Internet et TV. Entre temps, je rédige les contrats qui sont un peu compliqués avec des auteurs et des compositeurs différents pour chaque titre. J’imprime plus d’une ramette et ces feuilles vont faire le tour du monde. La veille de récupérer les contrats, je décroche un RDV chez AZ où je ne peux me rendre. Le label signe. Faut dire que “Lady Melodie” est depuis une semaine sur NRJ. Et le manager va proposer les éditions à l’étage du dessous, chez Universal Publishing. Ce titre a été le N°1 des téléchargements en 2009.

En 2009, c’est l’année où nous mettons le clip de L’Homme Parle : “La Crise” sur Internet. Le public nous aide à faire le bluzz. Plus de 3 millions de visites sur leur myspace. “La Crise” devient le lip dub d’Europe Ecologie pour les Européennes. Le groupe joue dans plusieurs meeting dont le zénith de Paris. L’album sort en juin 2009. Les magasins et notre distributeur n’ont pas anticipé l’engouement et l’album est trois fois en rupture de stock la semaine de sortie. Le groupe remplie les salles alors qu’il n’y a aucun matraquage promo et marketing. Certain programmateur ne savent pas s’engager sans relais traditionnels malheureusement.

Le compositeur de L’Homme Parle a créé son projet solo : “MARXS”. C’est élétro pop. Les collaborations avec plusieurs feat. dont Bad News Brown (RIP) sont superbes. J’ai câlé les premiers show au Canada en mars 2011 (Montréal et Toronto) après une semaine de teasing à New York en décembre 2009, deux clips réalisés avec des Polonais à Montréal, et de belles rencontres au MIDEM. On prépare les meeting à Londres pour le mois de mai. On vient juste de signer une entente pour l’Italie.

Beaucoup d’autres projets vont faire le bluzz ces prochains mois, croyez moi. Et les meilleurs prescripteurs, c’est le public, j’en suis convaincu. Peut être un peu vous qui avez lu jusque là…

01
mar
11

Les indépendants prêts à tuer les indépendants

Je ne sais pas si cela se fait dans d’autres filières, mais dans l’industrie musicale, nous sommes loin d’un monde cohérent et respectueux. Cela fait plusieurs jours que cela me travaille. Je n’ai aucune idée des conséquences sur mon état d’esprit une fois que j’aurais terminé cette prose. Une chose est sûre, je serais tricard auprès des labels indépendants !

En bon éditeur, et malgré des solutions de distribution et un label sous le coude, j’essaye toujours de trouver des partenaires discographiques pour mes artistes et leurs projets. Je suis très flatté de pouvoir rencontrer de nombreux D.A. et patrons de maisons de disques rapidement pour échanger sur l’écoute d’un répertoire. Je me suis fait plusieurs RDV par vague et cela fait plusieurs fois que je vois des indépendants. Ils sont partant pour des licences, mais ils veulent 50% des éditions ! C’est devenu  break point de tout deal. Et parfois les arguments sont fallacieux… extraits :

- “En sortant le disque, on ne peut pas s’en sortir financièrement si on n’a pas les éditions”

=> ben, tu n’es peut être pas le bon partenaire alors, moi je cherche une maison de disques qui va en vendre des camions

- “Toi, en tant qu’éditeur, tu vas gagner plus que nous, alors que c’est nous qui allons faire tout le boulot !”

=> ben, t’as qu’à faire éditeur alors ? Tu investis quelques années sur un projet, tu l’accompagnes, tu bosses fort et après tu partages les revenus avec le premier qui se présente, contre rien

- “Entre indé, faut qu’on s’aide ! Tu comprends que sans nous, tu ne gènèreras pas de droits”

=> ben… heureusement, il n’y a pas que vous…

- “Si on veut faire un partenariat avec une radio ou/et une TV on doit leur filer un bout des éditions”

=> ben… qui c’est qui a commencé ? C’est idiot comme échange et pas très fair…

etc…

J’ai l’impression d’avoir toujours entendu ce discours. Donc, je ne fais pas la vierge effarouchée ! Je ne dit pas que le boulot de labels est facile en ces temps qui courent, mais beaucoup génèrent une économie viable. Je ne dirais pas la même chose des distributeurs et des producteurs. Le label a en gros une marge de 3 € par album. Il faut rembourser la promo et le marketing avec ça, payer le personnel et gagner de l’argent. En théorie, quand un label part sur un projet, c’est qu’il a l’espoir d’en vendre un peu… Les attachés de presse, c’est un budget de 5 000 à 15 000 Euros quand on externalise, soit 2 000 à 6 000 ventes d’album, le marketing c’est quasi rien pour les petits projets qui n’entrent pas dans le mass média et on peut aller entre 50 000 et 150 000 euros quand on a de l’airplay radio et du clip en TV, donc là faut rajouter 20 000 ventes minimum pour s’y retrouver… Sachant qu’un bon label a des accords de partenariats avec les médias et ne payent pas 100% de la facture… Un éditeur sur 25 000 ventes gagne à peu près comme ses artistes soit 10 000 Euros, plus d’un an après la sortie de l’album… S’il y a de la rotation radio et TV, on peut doubler la somme.

J’ai fait l’étude sur un carton (disque d’or, 3 single en radio et TV, 100 concerts), et un projet correct (40 000 ventes + un peu de média et concerts). Dans les deux cas, la maison de disque gagne de 10 (pour le carton) à 4 fois plus que l’éditeur, sachant que le label touche de l’argent tous les mois, quand l’éditeur va  commencer à le récupérer un an après. Il faudra que les indés m’expliquent comment on peut être un bon partenaire, qui peut investir sur un projet, quand on cède “gratuitement” 50% de ses revenus, alors qu’on a déjà passé du temps, de l’énergie et des investissements sur un projet.

Je pense qu’on se fout de notre gueule ouvertement.

Je pense que les gens dans certain label ne connaissent pas le boulot d’éditeur et ce que cela représente pour vouloir nous faire crever comme ça. Merde, si on ne peut pas vivre de notre métier comment va-t-on investir sur de nouveaux artistes ? Comment va-t-on pouvoir accompagner les projets sur du long terme si on nous prive d’un fonctionnement simple de la gestion de droits ?

Si j’ajoute les producteurs audiovisuels français qui n’ont jamais de budget pour la musique, qui veulent aussi qu’on leur cède 50% des droits contre le fait de mettre quelques secondes dans un film, je m’énerve tout seul devant ce manque de respect pour une profession comme la nôtre !

ça y ‘est j’suis tricard dans l’audiovisuel Français !

M’en fout j’bosse à L.A. !

30
jan
11

MIDEM 2011 : + de meeting, + de deals, moins de monde

Depuis 3 ans, j’admire l’art des organisateurs du salon pour occuper l’espace vide. On agrandit les allées, on agrandit les stands, et on essaye de donner l’impression que c’est toujours aussi plein.

Cette année, je dirais qu’on a coupé le Palais des Festival en 2 : une partie occupée, une partie vide. Difficile de cacher la réduction de participant.

A certaine heure, le monde était certainement ailleurs… encore plus loin, ailleurs.

Le MIDEM c’est toujours l’occasion de revoir nos partenaires du monde entier en 4 jours, tout en bénéficiant du climat méditerranéen. J’ai quitté Lille en laissant ma petite famille avec 39° de fièvre, pour mélanger mon début de grippe avec celle des autres pays. C’est la crise depuis un moment, et ce n’est franchement pas gai de voir le salon diminuer tous les ans, en terme de participant et de stand. Pourtant, tout le monde à le sourire au moment des retrouvailles et parle de ses projets, de l’avenir, du plaisir d’être encore dans l’industrie musicale. Tout va bien.

J’ai réussi à participer aux conférences de presse au milieu des RDV. La plus significative d’entre elle est peut être, à mes yeux, celle du SNEP. Les majors commencent à flipper sur le manque de diversité musicale dans les médias. Le chiffre qui tue (la diversité) : 11 nouveaux talents dans le top 100 des diffusions 2010 à la radio (24 en 2009, 33 en 2008) ! Si comme le président de l’UPFI je vais me mettre “tricard” avec les programmateurs, cela fait un bout de temps que les réseaux nationaux ont déserté les nouveaux artistes, même en cas de gros budgets marketing. Les multinationales se rendent compte du marasme que vivent tous les indépendants face au pouvoir prescripteur du média tout puissant.

Sur le stand de la SPPF, on retrouve les mêmes têtes. Ce qu’on ne voit pas… on n’y pense pas. C’est la dure réalité de notre métier : être là pour exister, choper une opportunité, ou manquer à l’appel (qui n’existe pas). Pareil, c’est sympa de voir les actifs Français. Ils ont le sourire, ils sont fiers et veulent développer leurs affaires. Principal bémol du stand : le WIFI qui ne fonctionne pas ! J’espère que la SPPF n’a pas payé une fortune l’un des FAI ou le MIDEM pour un réseau inexistant. Impossible de faire tourner une vidéo online ou afficher un site artiste avant la fin du RDV.

Comme l’année dernière, les principaux RDV préparés à l’avance se terminent par un accord de collaboration, voir un contrat. C’est cool. Pour WTPL Music c’est l’opportunité de remettre un pied à Londres avec de solides intérêts, fortifier nos positions en Allemagne et les Pays de l’Est, accueillir de nouveaux partenaires du Canada et des USA. Je suis super content de mon sous-éditeur Turque qui me fait découvrir les richesses de son pays et les opportunités dans tous les sens. Un très bon entremetteur. J’ai zappé la Chine, l’Inde et l’Espagne… On ne peut pas être partout !

Au niveau concert, j’ai bien sûr été voir la soirée French Vibes avec les artistes Français sélectionnés par… Aucune idée ! Comme chaque année je ressort en me disant que le Martinez n’est pas une salle de concert. La reverb rebondit dans toute la salle, et le mélange soirée cocktail + show, c’est zarbi.

J’ai été voir IAN KELLY en trio. C’était court mais super bien. Je l’avais vu solo auparavant, la dimension que prennent ses chansons avec le clavier et la batterie met bien en relief la fraicheur de ses ballades folk punchies. I hope work with him.

Bon, il ne reste plus que 11 mois pour 2010, le MIDEM c’est dans un an.

03
jan
11

Après une année horrible, bienvenue à 2011

Tous mes vœux pour cette nouvelle année, cette nouvelle décennie !

Je souhaite sincèrement que le monde s’améliore, que la tolérance se généralise et que l’Homme dans son immensité ouvre les yeux sur ses forces et ses faiblesses.

Je souhaite que vous trouviez la paix et les souhaits pour vos projets, la santé pour votre famille et vos proches. Chaque minute nous rappelle l’instant présent, la présence de l’absence et les promesses pour l’avenir.

Construisez votre triangle isocèle entre votre vie personnelle, familiale et professionnelle.

Pour WTPL Music, l’année 2011 est synonyme de 20e anniversaire. Woof Trade Publishing Limited (W.T.P.L.) créée en 1991 par The Barking Dogs existe toujours. Les succès comme les difficultés ont agité son histoire, et pourtant la société est là, témoin de la vitalité des artistes qui nous font confiance, des partenaires qui nous ouvrent leur porte, les prestataires patients et attentifs, les banques débiles et généreuses de frais.

Il y a des jours où je me réveille comme doit l’être un capitaine sur son navire. Scrutant l’horizon et bousculé par les vents et les marées. D’autres paquebots empruntent les mêmes routes, ils vont plus vite, sont plus sûrs. D’autres collègues ne sont pas convaincus par mes choix. Comme avec un bateau, j’accueille des passagers. Rien ne les obligent à monter, personne ne les poussent à rester. Les plus forts pensent parfois qu’un autre véhicule serait plus approprié à leur notoriété. D’autres encore quittent le navire pour un plus beau, plus coloré, plus profilé… Et puis, il y a cette famille qui s’entraide, qui avance ensemble, respectant les rythmes de chacun.

Pour le capitaine d’un navire, il est parfois difficile d’être à tous les postes. Sur un bateau, il y a parfois une équipe nombreuse et compétente qui permet de renforcer son travail et sa présence. Pour WTPL Music, j’ai fait d’autres choix, par nécessité, par obligation de l’environnement économique, pour être plus fort.

Je n’ai pas tout aimé en 2010, voire même depuis 2008. Je pense qu’il y a un fantasme du public sur les paillettes de la musique, les gens combattent les petites structures indépendantes comme si c’étaient des majors. Ce que je lis sur les forums, les sites de partage de “produits culturels” me fait d’une certaine façon, très peur. Les petites sociétés n’ont aucun moyen pour communiquer, pour faire entendre leur message. Les organismes censés les fédérer ne sont pas en phase avec la réalité de tous les jours. Nous sommes dans le monde de la musique : pour un banquier c’est la précarité, pour ma tante c’est Johnny Hallyday ! Le grand public n’imagine pas assez que des artistes et leurs partenaires, vivent chichement, mais durablement, de la musique. 80 concerts/an devant 300 personnes de moyenne c’est très bien. Ce n’est pas suffisant pour le média national, mais c’est économiquement viable pour l’artiste interprète. Il faut toutefois penser à l’auteur, au compositeur qui n’est pas forcément sur scène, l’éditeur et le producteur qui ne touche rien sur les ventes du spectacle, etc… Heureusement, à travers le travail de chacun, nous ne sommes pas en train de suivre un livre de recettes pour (pre)fabriquer un projet artistique. Ma mission est d’ordre économique à mon sens. Être viable en tant que structure professionnelle, et réussir à apporter des revenus à mes artistes et leur partenaire. Ce n’est pas facile, c’est beaucoup de travail, de la volonté et cela ne marche pas toujours.

Les institutionnels, les politiques, les collectivités territoriales ont toujours aidé les artistes. Aucun ne pense aux structures professionnelles encadrant les artistes. On saupoudre des subventions à quelques associations locales “d’accompagnement” pour financer le poste d’un permanent. Celui-ci va se battre toute l’année pour obtenir la même enveloppe l’année suivante en mettant en place des actions de “professionnalisation” sans jamais travailler avec les professionnels de la la profession : manager, tourneur, éditeur, producteur, label… Et pourtant, dans notre métier, ce sont bien les compétences que l’on développe qui nous permettent d’être efficace. Je caricature souvent mon job à un “catalyseur de temps et d’énergie”. J’ai un carnet d’adresse qui s’étoffe tous les jours et j’en fait profiter les artistes avec qui je travaille. Je mets en contact des gens qui ont des choses à se dire. C’est un véritable échange où tout le monde gagne et cela construit durablement une activité.

Je dis aussi aux artistes qu’il ne faut pas quitter sans réfléchir et pour de mauvaises raisons, un professionnel qui donnent du temps et qui a confiance en votre projet. C’est difficile de trouver un partenaire et de le garder. Nous avons tous nos forces et nos faiblesses. Soyons conscient de cela et construisons un partenariat équitable sur ces bases.

Ces dernières années, j’ai entendu certain se plaindre. Ce n’est pas toujours gai à entendre quand on est aux yeux de son artiste, celui par qui cela n’a pas marché. Je ne promets pas la réussite à coup sûr sinon je ferais des bouquins ou de la voyance. La faute n’est pas à rejeter sur l’un ou l’autre. Nous faisons tous des choix et nous devons les faire ensemble et les assumer. Cela ne remet pas en cause le projet artistique et les efforts ne sont jamais vains. Le public n’était pas au rendez-vous et par ricochet les revenus ont été faibles et n’ont pas permis de rentabiliser les investissement temps, énergies et financiers. C’est toute l’équipe qui subit “l’échec”. Mais c’est pour mieux repartir ensemble, riches de cette expérience pour améliorer le futur. Si tu quittes le navire pensant que l’autre qui passe fera mieux, c’est quitte ou double.

Si l’on pose les choses à plat et que l’on respecte le travail des autres, alors on peut mettre en place une équipe qui gagne.

Dans l’industrie musicale, si on n’était pas dans le top 50, on n’était pas bon. Aujourd’hui si on n’est pas diffusé sur un média national ou/et adossé à un partenaire (marque) notoire, on n’est rien ! Pourtant si on s’intéresse un peu plus au public, des gens ont levé le nez, ont bougé sur un concert, ont acheté un titre ou/et un album, en ont parlé à leur famille, leurs amis… La diffusion du projet artistique a commencé. Respectons le public curieux et respectueux du travail de l’artiste et de son environnement. Et toi, amateur de musique, soutien à ta manière, avec tes moyens les artistes que tu apprécies. Si tu es passionné, tu seras passionnant.

Merci pour le bout de chemin ensemble.

Le monde est petit et nos routes se croiseront encore.

L’année 2011 est pleine de promesses, avec beaucoup de projets, de développement et de rencontres.

Bon voyage.

Bill

 

17
fév
10

La SACEM joue la bonne partition

Commission du 19 janvier 2010

En tant qu’éditeur, je suis sociétaire SACEM et je m’intéresse depuis longtemps à son fonctionnement, car comme on nous le répète régulièrement : c’est notre maison. Depuis 2 ans, je fais partie de la Commission des Variétés. Une Commission composée de 5 auteurs, 5 compositeurs et 5 éditeurs ayant une réunion tous les mois et des tas d’échanges entre les commission, sans compter les manifestations comme “Les Petits Déjeuners de la SACEM”, “Parcours Croisés”…

Cela prend du temps et quand on met un doigt dans le fonctionnement de notre maison, cela donne envie de faire encore plus. On se retrouve ambassadeur de la SACEM dans le moindre colloque, dans les conversations autour du droit d’auteur et parfois on reçoit les doléances des utilisateurs de musiques. Je reçois parfois les critiques des uns et des autres, car une grande structure a forcément des fonctionnements obscurs pour certain.

L’année dernière j’écoutais lors d’une conférence un avocat (enseignement le droit d’auteur dans une université) critiquer le mode de fonctionnement du droit d’auteur tel qu’il est géré par la SACEM. Oubliant de fait l’histoire de la maison, et que beaucoup d’autres sociétés civiles dans la plupart des pays sont sur le même modèle. Tout est améliorable, et c’est impossible de faire consensus sur un sujet, mais fort est de constater que si le fonctionnement est le même partout dans le monde où on respecte les droits d’auteur, ce n’est pas le mauvais système. La SACEM est une grande société car nous sommes un grand pays et il y a beaucoup de choses à traiter. Et le traitement n’est pas uniquement informatique. La limite humaine est là aussi pour bien faire  son boulot. Il faut donc plutôt aider les salariés de la SACEM a être performant en leur donnant le maximum d’information. Cela permet un meilleur suivi des droits et une meilleure répartition pour tout le monde.

Et parfois, je me demande comment fait un auteur ou/et un compositeur sans éditeur pour vérifier et collecter ses revenus issus des droits. La conversation avec un éditeur pour un artiste se limite souvent à l’aspect partage de revenu. En gros, on pense toujours que l’éditeur prend 50% des revenus issus des droits d’auteur, alors que d’une part c’est limité à la reproduction mécanique (la mauvaise raison qui pousse les labels à vouloir les éditions), et pour 1/3 sur l’exécution publique. Pour exemple, un compositeur qui fait des musiques de film garde les 2/3 de ses droits, de ses revenus à chaque diffusion. Par contre, s’il n’y a pas un éditeur qui donne la moitié de ses droits à un sous-éditeur dans un pays, la collecte et la vérification n’est pas aussi bonne, donc les revenus ne sont pas aussi bon. CQFD.

Salle du Conseil, 7e Etage de la SACEM

La transparence doit être de mise dans toute collaboration et ce n’est pas toujours facile.

Bref, je reviens à la SACEM, car c’est la base de cette gestion collective qui a amené tant d’autres dérivés dans d’autres droits, d’autres métiers, d’autres filières. Je discute parfois avec les membres d’autres commissions, les membres du CA qui donnent tous beaucoup de leur temps pour suivre le fonctionnement de la maison. Car l’évolution est continue. Il faut la suivre, la gérer, l’anticiper, l’expliquer… Difficile parfois d’avoir accès backstage pour tous à l’immeuble de Neuilly, et l’implication suit un fonctionnement ressemblant à un chemin initiatique. Le sociétaire est d’abord stagiaire, puis professionnel et enfin définitif. Ce n’est pas toujours clair pour tous. Pourtant même si cela est basé sur les revenus, cela amène un éclairage tout démocratique. Il reste encore quelques efforts à développer en direction des sociétaires. Le site www.sacem.fr a fait peau neuve et va encore s’améliorer, en particulier via les outils pour les sociétaires. Il faut trouver une voie de mise en relation entre les sociétaires et les délégations régionales, car on n’y pense pas tous les jours.

15
sept
09

SFR et Orange achètent la musique ! Qui vend ? Qui achète ?

6a00d8341c7e0553ef00e5536291dc8833-800wi Pour SFR, les méchants d’Orange contraignaient leurs utilisateurs à de la vente forcée. En gros, pas d’accord avec le modèle économique proposé : coupable de vente liée en subordonnant l’abonnement à l’accès à ses contenus (Orange Sport et Orange cinéma, séries). Or SFR Music offre le même type de contenu exclusif sur téléphone mobile. Et bien, ce sera désormais possible aussi sur la neuf box ! Convergence de business, alors que dans les propos on dénonce les pratiques du concurrent.

Un peu comme Universal qui condamne la musique gratuite et offre une heure de téléchargement avec un achat Quick.
Vous l’aurez compris, la musique est un contenu. Certes moins attractif que le Cinéma et encore moins que le sport, mais un contenu quand même qui reste un produit d’appel.
Alors message pour tous ceux qui sont contre, et pour tous ceux qui sont pour (ou qui n’ont pas d’autres solutions) : Hadopi, ils faut laisser faire les opérateurs téléphoniques et FAI. Avec leurs moyens financiers ils peuvent survoler la crise de la production de musique et du même coup bloquer le piratage ! En effet, en verrouillant leurs contenus à leurs services, on est sûr qu’ils ne vont pas se laisser bouffer leurs revenus ! Vous savez combien ça coûte le recrutement d’un client ?19753-Clipart-Graphic-Of-A-Group-Of-Three-Orange-People-With-Music-Note-Heads-Listening-To-Headphones-Over-A-Music-Staff
Le public a donc tranché : à mort les maisons de disques, majors ou indépendants, rien à foutre ! Les artistes seront mieux chez Orange ou chez SFR… On sait déjà que les artistes Universal sont d’office SFR. Là, il y a une longueur d’avance chez Vivendi.
Rassurez vous, ce ne sera que de bons choix artistiques : la ligue 1 de la musique ! Le box office US des singles ! Les blockbooster des radios commerciales !




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