29
Mar
09

Hadopi, Cali, copie… Stock options !

albanel1Il y a toujours eu les pour ou les contre, dans tous les domaines. Aujourd’hui, on provoque et on entretient les oppositions. Pour quelles raisons, souvent la réponse arrive plus tard.

Les salariés contre les patrons, les employés contre les employeurs, le refrain du moment est sur toutes les lèvres. Il n’y a rien à voir avec un patron du CAC 40 et un chef d’entreprise de 2 salariés. Pourtant, les syndicats essayent de nous faire croire que les lois doivent être pareilles. Pourtant, souvent, le patron d’une micro-PME gagne moins que ses 2 salariés (ceux-ci ont quand même des phantasmes sur les revenus de leur boss, c’est quand même sa boite).

En musique, c’est un peu la même chose. Quelles sont les similitudes entre le patron d’une major et celui d’un label indépendant ? Cali annonce à la fois des vérités sur France 5, comme les marges importantes des magasins et la TVA à 19,6% qui handicapent le prix du CD, et des généralités mal adaptées à toutes les situations.

Ce n’est pas la Loi Hadopi qui va stopper le téléchargement, et encore moins la copie systématique. Mais c’est une avancée dans la pédagogie et une occasion de parler du droit d’auteur et de la rémunération du créateur, et de ses partenaires.

Depuis des décennies, les producteurs de lait explique qu’ils sous-vendent leurs hectolitres de liquide blanc, alors que le prix du tetra pack est multiplié par plusieurs marges d’intermédiaires. Si Carrefour le vend plus cher que Auchan, on râle sur Carrefour. Pourtant, tout le monde a compris que le magasin peut jouer sur le prix final TTC. Ce n’est pas le producteur de lait qui a un quelconque pouvoir, sauf de trouver du foin pour ses vaches.

Dans le disque, si le CD est trop cher, c’est forcément le producteur qui s’en met plein les poches ! Ces raccourcis grand public me saisissent à chaque fois. Le bout de plastique ne coûte rien à fabriquer, c’est vrai. Mais ce n’est pas le boitier transparent qu’on vend, c’est ce qu’il y a dedans ! Les droits de reproduction mécanique (pour les auteurs, compositeurs et éditeurs), coûtent aussi cher que le bout de plastique. Sur le prix de gros destiné à la base de calcul, le distributeur prend 40%. Sur cette base le magasin ajoute sa marge et la TVA.

Pour les novices, quand le prix de gros est 10 € HT, le CD est à 17,70 € TTC à la FNAC (full price). Le label touche donc 60%, soit 6 €. Le CD coute 1 €,  les DRM aussi, et il y a 1 € pour l’artiste (qu’il soit 1 ou 10). Reste donc environ 3 € pour rembourser l’investissement de la production (studio, mixage, mastering, salaires des artistes, techniciens, réalisateurs, graphistes, photographes, etc…) et les investissements effectués dans le cadre de la promotion et du marketing. Sachant qu’un attaché de presse coute au moins 4500 € pour 3 mois, et les frais d’envois et de matériel promo, il faut déjà 4000 ventes pour équilibrer. Une pub dans un magazine spécialisé c’est à peu près 750 € soit 500 ventes. Une PLV (promotion sur le lieu de vente : 1 belle étiquette dans le magasin pour dire que c’est le meilleur disque du moment) c’est 48 € (et souvent le magasin prend 10 CD), etc…

Comme dans toute industrie, quand Cali vend 100 000 albums et que tous les médias l’accueillent sur l’envoi d’un mail, effectivement que son producteur gagne de l’argent… Mais quand un producteur indépendant ou un artiste sort son album pour en vendre 1200 exemplaires, on ne l’invite pas à Taratata parce qu’il n’a pas assez de comm’, pas assez de marketing, pas assez de vente… On ne prête qu’aux riches.

Alors s’il vous plait les artistes, arrêtez de casser votre métier et ceux qui le font. L’entourage, l’encadrement, sont aussi important que le projet artistique. Si cet entourage n’existe pas, si personne ne donne de moyen financier et ne met en place un minimum de développement grâce à un bon carnet d’adresse, alors vite, faites autre chose.

Pour info, je n’ai pas parlé de la vente numérique, mais il suffit d’enlever le coût du bout de plastique et remplacer la marge du magasin par la marge de la plateforme.

Il est évident que dans ces conditions, il reste difficile de se verser des stocks options cette semaine. Monsieur Pascal Nègre, je vais prendre quelques actions dans votre petite entreprise vu que vous allez fusionné quelques labels et réduire le personnel (il y aura bientôt plus de stagiaires), il me semble donc opportun d’ouvrir mon portefeuille boursier avec l’action de Vivendi Universal. Qu’en pensez-vous, ça vaut l’coup ?

boursierhistoservlet(cours de bourse de Vivendi Universal)

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