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Les marges ENORMES du producteur de disques

Le ver est dans le fruit ?

Le ver est dans le fruit ?

Alors, OK, les députés oublient d’aller votés, ou laissent la place libre pour ne pas prendre position… Cela laisse perplexe. Mais bon, il a été décidé que la musique devait être gratuite et qu’il était nécessaire de ne plus rémunérer les artistes, les créateurs et les professionnels autour. Je crois que la grande manipulation articulée autour de tout cela, ne serve à personne en définitive.

Pour de nombreux biens de consommation, quand le produit est plus cher dans une enseigne, on râle sur le commerçant. Pour les CD, on râle sur le producteur ! Sachez cher novice du commerce que le distributeur et le point de vente prennent une marge sur tout type de produit dont le CD, et c’est le magasin qui détermine le prix final en fonction de sa marge.

Dans le CD, il y a un prix de gros HT (PGHT). Prenons l’exemple de 10 €. Le distributeur revend donc le CD au magasin à ce prix avec parfois une ristourne (pouvant aller jusqu’à 17%) et reverse 60% au label. Le magasin ajoute sa marge et la TVA et nous avons un prix final autour de 17 € quand vous achetez le disque.

Quelle est la marge d'un microsillon ?

Quelle est la marge d'un microsillon ?

Le label se retrouve donc avec 6 €. Il reverse en général 20% du PGHT au producteur soit 2 € (le label reversant 10% en moyenne aux artistes, soit 1€ dans notre exemple). Avec le 1€ sur chaque disque, il faut déjà rentabiliser l’investissement de la production (variable suivant les projets). La moyenne étant comprise entre 15 000 et 150 000 € (location du studio, matériel, salaires des artistes, musiciens, techniciens, frais de déplacement, repas, mixage, mastering, photos, photographe, graphiste, vidéo clip, etc…), vous avez compris comme moi que pour rentabiliser il faut vendre entre 15 000 et 150 000 CD avant de gagner de l’argent !!!

Le producteur a les poches pleines

Le producteur a les poches pleines

Alors, vous allez me dire, c’est le label qui s’en met plein les poches ?

Comptons ensemble. Il reste 4 € quand on a payé le producteur. Il faut payer la fabrication du CD et de l’emballage, ainsi que les Droits de Reproduction Mécanique. Cela donne un prix de revient entre 2 € et 2,50 € suivant le packaging et le contenu. Mettons qu’il revient à 2 €. Il reste donc 2 € pour rembourser les investissements promo (attaché de presse, matériel promo, site internet, envois postaux, déplacement et salaires des artistes pour une émission, un interview, etc…) et les investissement marketing (encarts pub sur un magazine, une radio, une télé…). A savoir que lorsqu’un média est partenaire d’un album, il a juste fait une réduction sur son tarif pub. Les investissements promo/marketing sont minimum de 15 000 € et n’ont pas de plafond. Donc pour le label, obligation de vendre un minimum de 15 000 albums pour commencer à gagner de l’argent (qui servira à payer les salariés, loyer, frais bancaires, caisses sociales, impôts, etc…).

Tu prends "musique" ou "poker" ? Au hasard...

Tu prends "musique" ou "poker" ? Au hasard...

Aujourd’hui, un début de succès, c’est 5 000 ventes d’album…

Avec les CD invendus, on peut s'en mettre tout autour et on a une maison de disques...

Avec les CD invendus, on peut s'en mettre tout autour et on a une maison de disques...

Ah, j’oubliais, le magasin s’il ne vend pas le disque, le rend au distributeur qui le rembourse. Le distributeur fait la même chose auprès du label augmenté des frais de retours (15% en moyenne). Si le producteur et les artistes ont été payé sur les ventes précédentes, on ne leur demande pas de rembourser bien évidement… Cela explique les fermetures de nombreux labels.

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2 Responses to “Les marges ENORMES du producteur de disques”


  1. 1 pollux
    25 mai 2009 à 8:23

    Dans ton article il y a du vrai mais il y a ausi du faux. Les gros labels ne reprennent plus les disques invendus, le disquaire se les mange, c’est pour cela aussi que les disquaires ferment au profit de Fnac qui en plus pour longtemps non plus, ou Virgin.
    Les maisons de disques sont fautives de ces baisses de vente, ils proposent des produits que personne ne veut acheter. Produire de la merde donne un chiffre bas. Si les directeurs artistiques prenaient le temps d’écouter de véritables talents et non signés des artistes bisons ou copain de la copine ( vais pas faire un dessin )…le marché du disque irait mieux.
    Dernier cas en date, Susan Boyle, elle est laide mais elle a une voix béton, résultat plus de 60 millions de clics sur youtube, etc..moralité : 2 requins de universal sont déjà parti avec des petits gateaux pour la faire signer…et on appelle cela de l’artistique..arrêtez de prendre les gens pour des guignols..

    • 25 mai 2009 à 9:01

      Bonjour,
      Merci pour votre réaction. J’imagine que vous êtes (ou étiez) disquaire indépendant. Je suis ravi d’apprendre tous les jours. Je vous rejoins sur les propositions faites par certaines maisons de disques, mais nous ne sommes pas obligées de les suivre dans leur choix. Le problème est de mettre tout le monde dans le même sac et le grand public ne fait pas de distinction. Les « petits » producteurs fautes d’être soutenu par des points de vente et un public qui achètent leurs productions, disparaissent aussi. La démarche envers Susan Boyle est une question de parts de marché, d’image et n’est bien sûr pas de l’artistique.
      Je suis éditeur de L’HOMME PARLE. Le clip « LA CRISE » est la vidéo la plus regardé sur Internet depuis 2 mois. Nous avons refusé 3 licences, dont 1 de major car ils ne comprenaient ni le projet, ni la démarche. Pourtant, l’offre était confortable. Là aussi, la liberté est dans nos mains. Les gens ne sont pas obligés d’acheter en masse la soupe que certain propose. Toutefois, nous avons retroussé nos manches, cassé notre tirelire pour sortir l’album de L’HOMME PARLE.
      A suivre…


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