Posts Tagged ‘hadopi

23
Jan
12

Mega Up Louche

Le FBI a fermé le site megaupload

MEGAUPLOAD est fermé par le FBI.

Dommage que cela ne rime pas avec Hadopi en américain. L’effet est plus important. Depuis plus d’un an, je visite les forum « d’échanges de liens » pour comprendre la démarche de la « culture pour tous ». La réaction sur les forum est de deux ordres 4 jours après la fermeture de Megaupload : « bon, les gars, on a décidé de nous faire chier, mais on est là pour résister, on va switcher tous les liens sur une autre plateforme » ou « Merde, je dois tout re-uploader, ma centralisation de mes 787 films. Je ne suis même pas payer pour faire ce boulot, et je quémande les mercis à longueur de post sans résultat » (sic)

Alors je tiens à informer tous les abonnés de Megaupload comme Madame Rokhaya Diallo (Chroniqueuse sur RTL, Le Mouv et Canal+), qu’ils ont autant de chance de se faire rembourser que s’ils avaient investis dans une voiture volée… Sauf que les abonnés ont payé avec une CB…

Kim Dotcom gagnait 115 000 $ par jour avec Megaupload. Vous trouverez sur le net la liste de ses voitures de luxe.

Resurgie des entrailles du net, la vidéo « Kimble [un de ses surnoms] va à Monaco » le montre avec des associés et des amis à l’occasion d’un grand prix de Formule 1, dans une procession de voitures de luxe ou lors d’une fête sur le yacht Golden Odyssey, s’aspergeant de champagne au milieu de jeunes femmes légèrement vêtues.

Le film d’une trentaine de minutes, débutant sur le générique de la série américaine « Dynasty », est dédié « à tous mes fans », et résumé en ces quelques mots : « Voitures rapides, filles chaudes, superyachts et fêtes incroyables ! La décadence règne ».

Il est intéressant de noter que le bling bling lié aux revenus illégaux font peu réagir.

A tous ceux qui prennent la défense du direct download, comme auparavant le P2P, n’oubliez pas que le partage n’est possible qu’avec du contenu vous appartenant.

Bonne semaine.

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15
Oct
11

New Money

gros billetLa prime de 1000 € c’est un problème de riches ! J’ai découvert les tickets restaurant, les chèques vacances et les RTT quand j’ai embauché mes premiers salariés au régime général. Le chef d’entreprise n’a pas le droit à cela, et l’inconscient collectif associe le patron d’une TPE à un capitaliste notoire, touchant salaire, prime, avantages en nature et dividendes. Et en plus, il est propriétaire de sa boite ! Nous sommes tous balaises pour faire des raccourcis sociaux. Une caricature est toujours plus claire dans la tête des gens, et cela évite de réfléchir. Je fais pareil en mettant toutes les banques dans le même sac sur la facturation systématique de frais et la création de valeur sur les soldes négatifs.

Bref, je ne vais pas ici exposer qu’avec beaucoup d’argent, je serais fort riche. Je me suis mis à penser à de nouveaux revenus issus de l’activité dans la musique, au profit des artistes et de leurs partenaires. Facebook a été plus rapide en signant des accords avec les tuyaux d’écoute de musique (Spotify, Deezer, Soundcloud, Vevo…). Contre 30% des revenus générés (sur le même schéma que Zinga), Facebook va non seulement récupérer de la new money via ses 800 millions d’utilisateurs, mais va en plus connaître ce qu’ils écoutent. Ces flux d’écoute seront collectés pour ensuite facilement les monétiser via des offres publicitaires pour proposer du merchandising, des places de concert, des nouveaux albums, etc… Un nouvel intermédiaire entre le public et les artistes est en train de naître.

Une boite de tunesLe grand public a une image sur les producteurs de l’industrie musicale complètement faussée, et ces producteurs n’ont rien fait pour améliorer cette image. J’entends ceux que les journalistes invitent à la télé, à la radio et dans les débats. 4 majors (Universal, Warner, Sony et EMI) pour l’instant, en France 4 gros indés (Because, Naïve, Wagram, PIAS), et plus de 1500 structures plus modestes plus proche de la TPE que de la PME. Autant de gens au service des nouveaux talents, rarement serein en terme de trésorerie, qui sont mis dans le même sac que le porte parole de Vivendi qui explique ses 45% de parts de marché dans le top parce qu’il y a tout son back catalogue. Son job est de faire briller les actifs, les « petits » essayent de ne pas être passif quand le fruit de leur labeur veut changer de main. Pas facile de créer des outils permettant d’assurer  la pérennité des labels tout en préservant la diversité culturelle.

Le producteur de musique est avant tout un entrepreneur. A ce titre, il accepte de risquer ses finances sur un projet artistique. Les artistes étant rémunérés à toutes les étapes du processus, le retour sur investissement devient plus complexe au fur et à mesure de l’illusion de la gratuité des contenus. Les modèles économiques sont remis en question tous les mois et chacun cherche tous les jours des moyens de s’en sortir, malgré les coups de butoir des artistes qui ne comprennent pas pourquoi une équipe réduite est débordée par le boulot, les coups de butoir des sites de direct download qui prônent la culture pour tous gratuite, les coups de butoir des politiques avec des solutions fumeuses sur la distribution d’une taxe internet pour tous, les coups de butoir incessants des médias qui expliquent que l’industrie musicale n’a rien fait pour ne pas se retrouver dans cet état tout en la critiquant d’agir pour protéger ses droits.

arbre à moneyLa filière musicale a le plus souffert de l’impact du téléchargement et de la copie illégale, tout en étant le secteur culturel le moins aidé. La taxe Cosip (taxe payée par les distributeurs de télévisions, FAI principalement) pourrait faciliter de nouveaux financements. les 278 Millions collectés en 2010 et fléchés uniquement vers le cinéma (alors qu’on parle d’audiovisuel) pourraient en partie (95 Millions) revenir à un nouvel organisme : C.N.M. (Centre National de la Musique). Ce nouvel édifice regrouperait tout la filière (scène, disque, édition…). Le CNM gèrerait des financements administrés par d’autres sociétés civiles et incorporerait le FCM et le Bureau Export. Cela donnerait un guichet unique pour les aides à la production, à la tournée et au clip.

Le « New Money » se répartirait comme suit :

– 7 Millions pour les auteurs/compositeurs et les éditeurs

– 25 Millions pour les activités liées aux concerts

– 45 Millions pour les producteurs de contenus

Reste à coordonner la distribution, sans tomber dans le droit de tirage systématique favorisant les gros et uniquement les gros, et le saupoudrage éparse ne favorisant pas grand chose pour les petits. Les échéances électorales risquent de hâter tout cela pour le meilleur et pour le pire.

A Suivre…

 

03
Jan
11

Après une année horrible, bienvenue à 2011

Tous mes vœux pour cette nouvelle année, cette nouvelle décennie !

Je souhaite sincèrement que le monde s’améliore, que la tolérance se généralise et que l’Homme dans son immensité ouvre les yeux sur ses forces et ses faiblesses.

Je souhaite que vous trouviez la paix et les souhaits pour vos projets, la santé pour votre famille et vos proches. Chaque minute nous rappelle l’instant présent, la présence de l’absence et les promesses pour l’avenir.

Construisez votre triangle isocèle entre votre vie personnelle, familiale et professionnelle.

Pour WTPL Music, l’année 2011 est synonyme de 20e anniversaire. Woof Trade Publishing Limited (W.T.P.L.) créée en 1991 par The Barking Dogs existe toujours. Les succès comme les difficultés ont agité son histoire, et pourtant la société est là, témoin de la vitalité des artistes qui nous font confiance, des partenaires qui nous ouvrent leur porte, les prestataires patients et attentifs, les banques débiles et généreuses de frais.

Il y a des jours où je me réveille comme doit l’être un capitaine sur son navire. Scrutant l’horizon et bousculé par les vents et les marées. D’autres paquebots empruntent les mêmes routes, ils vont plus vite, sont plus sûrs. D’autres collègues ne sont pas convaincus par mes choix. Comme avec un bateau, j’accueille des passagers. Rien ne les obligent à monter, personne ne les poussent à rester. Les plus forts pensent parfois qu’un autre véhicule serait plus approprié à leur notoriété. D’autres encore quittent le navire pour un plus beau, plus coloré, plus profilé… Et puis, il y a cette famille qui s’entraide, qui avance ensemble, respectant les rythmes de chacun.

Pour le capitaine d’un navire, il est parfois difficile d’être à tous les postes. Sur un bateau, il y a parfois une équipe nombreuse et compétente qui permet de renforcer son travail et sa présence. Pour WTPL Music, j’ai fait d’autres choix, par nécessité, par obligation de l’environnement économique, pour être plus fort.

Je n’ai pas tout aimé en 2010, voire même depuis 2008. Je pense qu’il y a un fantasme du public sur les paillettes de la musique, les gens combattent les petites structures indépendantes comme si c’étaient des majors. Ce que je lis sur les forums, les sites de partage de « produits culturels » me fait d’une certaine façon, très peur. Les petites sociétés n’ont aucun moyen pour communiquer, pour faire entendre leur message. Les organismes censés les fédérer ne sont pas en phase avec la réalité de tous les jours. Nous sommes dans le monde de la musique : pour un banquier c’est la précarité, pour ma tante c’est Johnny Hallyday ! Le grand public n’imagine pas assez que des artistes et leurs partenaires, vivent chichement, mais durablement, de la musique. 80 concerts/an devant 300 personnes de moyenne c’est très bien. Ce n’est pas suffisant pour le média national, mais c’est économiquement viable pour l’artiste interprète. Il faut toutefois penser à l’auteur, au compositeur qui n’est pas forcément sur scène, l’éditeur et le producteur qui ne touche rien sur les ventes du spectacle, etc… Heureusement, à travers le travail de chacun, nous ne sommes pas en train de suivre un livre de recettes pour (pre)fabriquer un projet artistique. Ma mission est d’ordre économique à mon sens. Être viable en tant que structure professionnelle, et réussir à apporter des revenus à mes artistes et leur partenaire. Ce n’est pas facile, c’est beaucoup de travail, de la volonté et cela ne marche pas toujours.

Les institutionnels, les politiques, les collectivités territoriales ont toujours aidé les artistes. Aucun ne pense aux structures professionnelles encadrant les artistes. On saupoudre des subventions à quelques associations locales « d’accompagnement » pour financer le poste d’un permanent. Celui-ci va se battre toute l’année pour obtenir la même enveloppe l’année suivante en mettant en place des actions de « professionnalisation » sans jamais travailler avec les professionnels de la la profession : manager, tourneur, éditeur, producteur, label… Et pourtant, dans notre métier, ce sont bien les compétences que l’on développe qui nous permettent d’être efficace. Je caricature souvent mon job à un « catalyseur de temps et d’énergie ». J’ai un carnet d’adresse qui s’étoffe tous les jours et j’en fait profiter les artistes avec qui je travaille. Je mets en contact des gens qui ont des choses à se dire. C’est un véritable échange où tout le monde gagne et cela construit durablement une activité.

Je dis aussi aux artistes qu’il ne faut pas quitter sans réfléchir et pour de mauvaises raisons, un professionnel qui donnent du temps et qui a confiance en votre projet. C’est difficile de trouver un partenaire et de le garder. Nous avons tous nos forces et nos faiblesses. Soyons conscient de cela et construisons un partenariat équitable sur ces bases.

Ces dernières années, j’ai entendu certain se plaindre. Ce n’est pas toujours gai à entendre quand on est aux yeux de son artiste, celui par qui cela n’a pas marché. Je ne promets pas la réussite à coup sûr sinon je ferais des bouquins ou de la voyance. La faute n’est pas à rejeter sur l’un ou l’autre. Nous faisons tous des choix et nous devons les faire ensemble et les assumer. Cela ne remet pas en cause le projet artistique et les efforts ne sont jamais vains. Le public n’était pas au rendez-vous et par ricochet les revenus ont été faibles et n’ont pas permis de rentabiliser les investissement temps, énergies et financiers. C’est toute l’équipe qui subit « l’échec ». Mais c’est pour mieux repartir ensemble, riches de cette expérience pour améliorer le futur. Si tu quittes le navire pensant que l’autre qui passe fera mieux, c’est quitte ou double.

Si l’on pose les choses à plat et que l’on respecte le travail des autres, alors on peut mettre en place une équipe qui gagne.

Dans l’industrie musicale, si on n’était pas dans le top 50, on n’était pas bon. Aujourd’hui si on n’est pas diffusé sur un média national ou/et adossé à un partenaire (marque) notoire, on n’est rien ! Pourtant si on s’intéresse un peu plus au public, des gens ont levé le nez, ont bougé sur un concert, ont acheté un titre ou/et un album, en ont parlé à leur famille, leurs amis… La diffusion du projet artistique a commencé. Respectons le public curieux et respectueux du travail de l’artiste et de son environnement. Et toi, amateur de musique, soutien à ta manière, avec tes moyens les artistes que tu apprécies. Si tu es passionné, tu seras passionnant.

Merci pour le bout de chemin ensemble.

Le monde est petit et nos routes se croiseront encore.

L’année 2011 est pleine de promesses, avec beaucoup de projets, de développement et de rencontres.

Bon voyage.

Bill

 

15
Sep
09

SFR et Orange achètent la musique ! Qui vend ? Qui achète ?

6a00d8341c7e0553ef00e5536291dc8833-800wi Pour SFR, les méchants d’Orange contraignaient leurs utilisateurs à de la vente forcée. En gros, pas d’accord avec le modèle économique proposé : coupable de vente liée en subordonnant l’abonnement à l’accès à ses contenus (Orange Sport et Orange cinéma, séries). Or SFR Music offre le même type de contenu exclusif sur téléphone mobile. Et bien, ce sera désormais possible aussi sur la neuf box ! Convergence de business, alors que dans les propos on dénonce les pratiques du concurrent.

Un peu comme Universal qui condamne la musique gratuite et offre une heure de téléchargement avec un achat Quick.
Vous l’aurez compris, la musique est un contenu. Certes moins attractif que le Cinéma et encore moins que le sport, mais un contenu quand même qui reste un produit d’appel.
Alors message pour tous ceux qui sont contre, et pour tous ceux qui sont pour (ou qui n’ont pas d’autres solutions) : Hadopi, ils faut laisser faire les opérateurs téléphoniques et FAI. Avec leurs moyens financiers ils peuvent survoler la crise de la production de musique et du même coup bloquer le piratage ! En effet, en verrouillant leurs contenus à leurs services, on est sûr qu’ils ne vont pas se laisser bouffer leurs revenus ! Vous savez combien ça coûte le recrutement d’un client ?19753-Clipart-Graphic-Of-A-Group-Of-Three-Orange-People-With-Music-Note-Heads-Listening-To-Headphones-Over-A-Music-Staff
Le public a donc tranché : à mort les maisons de disques, majors ou indépendants, rien à foutre ! Les artistes seront mieux chez Orange ou chez SFR… On sait déjà que les artistes Universal sont d’office SFR. Là, il y a une longueur d’avance chez Vivendi.
Rassurez vous, ce ne sera que de bons choix artistiques : la ligue 1 de la musique ! Le box office US des singles ! Les blockbooster des radios commerciales !

10
Mai
09

Internet remplace les médias… Do it yourself !

Il y a le gros phantasme de croire que l’on est capable d’exister à travers son image. Le reste suivra bien. Avec Internet, dés que l’on peut  s’équiper d’un ordinateur et d’un engagement à 29,99 €/mois, on a vite l’impression d’avoir une audience virtuelle dés plus mondiale. Comme tout le monde ! La tentation est grande de penser qu’il suffit de maitriser le bout du clic pour être connu, reconnu, retenu…

Ce média a réussi à faire croire que tout était accessible gratuitement. Personne ne se doute qu’il est pisté, fiché et enregistré. Ses données sont ensuite traitées et revendues. Personne n’agit contre. Pour la régulation des utilisations des contenus, dans l’objectif de monétiser les échanges de fichiers, on avance les pires arguments d’une loi soit distante liberticide. En imposant un clivage internaute/artiste, on a réussi à priver le débat d’un contenu pédagogique.

De nombreux industriels savent que le support est en perpétuel mutation. Philips avait revendu sa maison de disque le jour où ses chercheurs ont inventé le graveur de CD. On a invité la copie privée quelques années plus tard pour palier au manque à gagner sur les supports vierges. Aujourd’hui on peine à trouver une alternative aux échanges web.

Pendant ce temps, les fabricants de matériels, les fabricants de composant, les péages des tuyaux de l’information engrangent des profits considérables. Ces profits permettront de développer via la R&D d’autres matériels et d’autres moyens de poursuivre ces avancées technologiques si indispensables à notre bien être futur. Si la fulgurance d’accès aux contenus s’améliorent, rien ne permets aujourd’hui d’en financer convenablement de nouveaux.

Qu’on invente des taxes, des licences légales, des % sur des recettes publicitaires… Personne ne propose un contexte éducatif où l’on explique que l’auteur est propriétaire de sa création. En contrepartie de l’utilisation, il est normal de rémunérer le créateur et les intervenants associés. L’absence d’intervention pédagogique laisse la porte ouverte à plusieurs générations de copieurs invétérés insouciants. Faute de moyens pour les créateurs, ceux-ci perdront les possibilités de se former, de s’enrichir et de s’améliorer. Plus aucun encadrement ne pourra les aider, car plus de revenus.

Les métiers de la musique sont tous basés sur une rémunération au pourcentage. L’artiste étant au centre des revenus, il les partage avec ses partenaires pour pouvoir continuer à avancer ou accélérer le temps.

Le grand public pense que tous les patrons sont comme ceux du CAC 40 et perçoivent des rémunérations parfois supérieures aux footballeurs. La plupart des entreprises en France sont composées de petite PME/PMI avec quelques salariés, et le chef d’entreprise est rarement le mieux payés, et pas toujours à la fin de chaque mois.

Dans la musique, toute le monde pense à Madonna et à Universal et à leur modèle de rémunération et surtout leur train de vie. Ce n’est pas l’essentiel des artistes et des producteurs. Si nous aplanissons les modèles d’encadrement des projets artistiques, alors nous n’aurons plus de reliefs dans la production musicale.

En écrivant ces lignes, je me rends compte du manque de rêve que j’envois, du manque d’intérêt potentiel de n’importe quel média, car à aucun moment je n’explique comment cacher son adresse IP !

29
Mar
09

Hadopi, Cali, copie… Stock options !

albanel1Il y a toujours eu les pour ou les contre, dans tous les domaines. Aujourd’hui, on provoque et on entretient les oppositions. Pour quelles raisons, souvent la réponse arrive plus tard.

Les salariés contre les patrons, les employés contre les employeurs, le refrain du moment est sur toutes les lèvres. Il n’y a rien à voir avec un patron du CAC 40 et un chef d’entreprise de 2 salariés. Pourtant, les syndicats essayent de nous faire croire que les lois doivent être pareilles. Pourtant, souvent, le patron d’une micro-PME gagne moins que ses 2 salariés (ceux-ci ont quand même des phantasmes sur les revenus de leur boss, c’est quand même sa boite).

En musique, c’est un peu la même chose. Quelles sont les similitudes entre le patron d’une major et celui d’un label indépendant ? Cali annonce à la fois des vérités sur France 5, comme les marges importantes des magasins et la TVA à 19,6% qui handicapent le prix du CD, et des généralités mal adaptées à toutes les situations.

Ce n’est pas la Loi Hadopi qui va stopper le téléchargement, et encore moins la copie systématique. Mais c’est une avancée dans la pédagogie et une occasion de parler du droit d’auteur et de la rémunération du créateur, et de ses partenaires.

Depuis des décennies, les producteurs de lait explique qu’ils sous-vendent leurs hectolitres de liquide blanc, alors que le prix du tetra pack est multiplié par plusieurs marges d’intermédiaires. Si Carrefour le vend plus cher que Auchan, on râle sur Carrefour. Pourtant, tout le monde a compris que le magasin peut jouer sur le prix final TTC. Ce n’est pas le producteur de lait qui a un quelconque pouvoir, sauf de trouver du foin pour ses vaches.

Dans le disque, si le CD est trop cher, c’est forcément le producteur qui s’en met plein les poches ! Ces raccourcis grand public me saisissent à chaque fois. Le bout de plastique ne coûte rien à fabriquer, c’est vrai. Mais ce n’est pas le boitier transparent qu’on vend, c’est ce qu’il y a dedans ! Les droits de reproduction mécanique (pour les auteurs, compositeurs et éditeurs), coûtent aussi cher que le bout de plastique. Sur le prix de gros destiné à la base de calcul, le distributeur prend 40%. Sur cette base le magasin ajoute sa marge et la TVA.

Pour les novices, quand le prix de gros est 10 € HT, le CD est à 17,70 € TTC à la FNAC (full price). Le label touche donc 60%, soit 6 €. Le CD coute 1 €,  les DRM aussi, et il y a 1 € pour l’artiste (qu’il soit 1 ou 10). Reste donc environ 3 € pour rembourser l’investissement de la production (studio, mixage, mastering, salaires des artistes, techniciens, réalisateurs, graphistes, photographes, etc…) et les investissements effectués dans le cadre de la promotion et du marketing. Sachant qu’un attaché de presse coute au moins 4500 € pour 3 mois, et les frais d’envois et de matériel promo, il faut déjà 4000 ventes pour équilibrer. Une pub dans un magazine spécialisé c’est à peu près 750 € soit 500 ventes. Une PLV (promotion sur le lieu de vente : 1 belle étiquette dans le magasin pour dire que c’est le meilleur disque du moment) c’est 48 € (et souvent le magasin prend 10 CD), etc…

Comme dans toute industrie, quand Cali vend 100 000 albums et que tous les médias l’accueillent sur l’envoi d’un mail, effectivement que son producteur gagne de l’argent… Mais quand un producteur indépendant ou un artiste sort son album pour en vendre 1200 exemplaires, on ne l’invite pas à Taratata parce qu’il n’a pas assez de comm’, pas assez de marketing, pas assez de vente… On ne prête qu’aux riches.

Alors s’il vous plait les artistes, arrêtez de casser votre métier et ceux qui le font. L’entourage, l’encadrement, sont aussi important que le projet artistique. Si cet entourage n’existe pas, si personne ne donne de moyen financier et ne met en place un minimum de développement grâce à un bon carnet d’adresse, alors vite, faites autre chose.

Pour info, je n’ai pas parlé de la vente numérique, mais il suffit d’enlever le coût du bout de plastique et remplacer la marge du magasin par la marge de la plateforme.

Il est évident que dans ces conditions, il reste difficile de se verser des stocks options cette semaine. Monsieur Pascal Nègre, je vais prendre quelques actions dans votre petite entreprise vu que vous allez fusionné quelques labels et réduire le personnel (il y aura bientôt plus de stagiaires), il me semble donc opportun d’ouvrir mon portefeuille boursier avec l’action de Vivendi Universal. Qu’en pensez-vous, ça vaut l’coup ?

boursierhistoservlet(cours de bourse de Vivendi Universal)