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15
Oct
11

New Money

gros billetLa prime de 1000 € c’est un problème de riches ! J’ai découvert les tickets restaurant, les chèques vacances et les RTT quand j’ai embauché mes premiers salariés au régime général. Le chef d’entreprise n’a pas le droit à cela, et l’inconscient collectif associe le patron d’une TPE à un capitaliste notoire, touchant salaire, prime, avantages en nature et dividendes. Et en plus, il est propriétaire de sa boite ! Nous sommes tous balaises pour faire des raccourcis sociaux. Une caricature est toujours plus claire dans la tête des gens, et cela évite de réfléchir. Je fais pareil en mettant toutes les banques dans le même sac sur la facturation systématique de frais et la création de valeur sur les soldes négatifs.

Bref, je ne vais pas ici exposer qu’avec beaucoup d’argent, je serais fort riche. Je me suis mis à penser à de nouveaux revenus issus de l’activité dans la musique, au profit des artistes et de leurs partenaires. Facebook a été plus rapide en signant des accords avec les tuyaux d’écoute de musique (Spotify, Deezer, Soundcloud, Vevo…). Contre 30% des revenus générés (sur le même schéma que Zinga), Facebook va non seulement récupérer de la new money via ses 800 millions d’utilisateurs, mais va en plus connaître ce qu’ils écoutent. Ces flux d’écoute seront collectés pour ensuite facilement les monétiser via des offres publicitaires pour proposer du merchandising, des places de concert, des nouveaux albums, etc… Un nouvel intermédiaire entre le public et les artistes est en train de naître.

Une boite de tunesLe grand public a une image sur les producteurs de l’industrie musicale complètement faussée, et ces producteurs n’ont rien fait pour améliorer cette image. J’entends ceux que les journalistes invitent à la télé, à la radio et dans les débats. 4 majors (Universal, Warner, Sony et EMI) pour l’instant, en France 4 gros indés (Because, Naïve, Wagram, PIAS), et plus de 1500 structures plus modestes plus proche de la TPE que de la PME. Autant de gens au service des nouveaux talents, rarement serein en terme de trésorerie, qui sont mis dans le même sac que le porte parole de Vivendi qui explique ses 45% de parts de marché dans le top parce qu’il y a tout son back catalogue. Son job est de faire briller les actifs, les « petits » essayent de ne pas être passif quand le fruit de leur labeur veut changer de main. Pas facile de créer des outils permettant d’assurer  la pérennité des labels tout en préservant la diversité culturelle.

Le producteur de musique est avant tout un entrepreneur. A ce titre, il accepte de risquer ses finances sur un projet artistique. Les artistes étant rémunérés à toutes les étapes du processus, le retour sur investissement devient plus complexe au fur et à mesure de l’illusion de la gratuité des contenus. Les modèles économiques sont remis en question tous les mois et chacun cherche tous les jours des moyens de s’en sortir, malgré les coups de butoir des artistes qui ne comprennent pas pourquoi une équipe réduite est débordée par le boulot, les coups de butoir des sites de direct download qui prônent la culture pour tous gratuite, les coups de butoir des politiques avec des solutions fumeuses sur la distribution d’une taxe internet pour tous, les coups de butoir incessants des médias qui expliquent que l’industrie musicale n’a rien fait pour ne pas se retrouver dans cet état tout en la critiquant d’agir pour protéger ses droits.

arbre à moneyLa filière musicale a le plus souffert de l’impact du téléchargement et de la copie illégale, tout en étant le secteur culturel le moins aidé. La taxe Cosip (taxe payée par les distributeurs de télévisions, FAI principalement) pourrait faciliter de nouveaux financements. les 278 Millions collectés en 2010 et fléchés uniquement vers le cinéma (alors qu’on parle d’audiovisuel) pourraient en partie (95 Millions) revenir à un nouvel organisme : C.N.M. (Centre National de la Musique). Ce nouvel édifice regrouperait tout la filière (scène, disque, édition…). Le CNM gèrerait des financements administrés par d’autres sociétés civiles et incorporerait le FCM et le Bureau Export. Cela donnerait un guichet unique pour les aides à la production, à la tournée et au clip.

Le « New Money » se répartirait comme suit :

– 7 Millions pour les auteurs/compositeurs et les éditeurs

– 25 Millions pour les activités liées aux concerts

– 45 Millions pour les producteurs de contenus

Reste à coordonner la distribution, sans tomber dans le droit de tirage systématique favorisant les gros et uniquement les gros, et le saupoudrage éparse ne favorisant pas grand chose pour les petits. Les échéances électorales risquent de hâter tout cela pour le meilleur et pour le pire.

A Suivre…

 

10
Mai
09

Internet remplace les médias… Do it yourself !

Il y a le gros phantasme de croire que l’on est capable d’exister à travers son image. Le reste suivra bien. Avec Internet, dés que l’on peut  s’équiper d’un ordinateur et d’un engagement à 29,99 €/mois, on a vite l’impression d’avoir une audience virtuelle dés plus mondiale. Comme tout le monde ! La tentation est grande de penser qu’il suffit de maitriser le bout du clic pour être connu, reconnu, retenu…

Ce média a réussi à faire croire que tout était accessible gratuitement. Personne ne se doute qu’il est pisté, fiché et enregistré. Ses données sont ensuite traitées et revendues. Personne n’agit contre. Pour la régulation des utilisations des contenus, dans l’objectif de monétiser les échanges de fichiers, on avance les pires arguments d’une loi soit distante liberticide. En imposant un clivage internaute/artiste, on a réussi à priver le débat d’un contenu pédagogique.

De nombreux industriels savent que le support est en perpétuel mutation. Philips avait revendu sa maison de disque le jour où ses chercheurs ont inventé le graveur de CD. On a invité la copie privée quelques années plus tard pour palier au manque à gagner sur les supports vierges. Aujourd’hui on peine à trouver une alternative aux échanges web.

Pendant ce temps, les fabricants de matériels, les fabricants de composant, les péages des tuyaux de l’information engrangent des profits considérables. Ces profits permettront de développer via la R&D d’autres matériels et d’autres moyens de poursuivre ces avancées technologiques si indispensables à notre bien être futur. Si la fulgurance d’accès aux contenus s’améliorent, rien ne permets aujourd’hui d’en financer convenablement de nouveaux.

Qu’on invente des taxes, des licences légales, des % sur des recettes publicitaires… Personne ne propose un contexte éducatif où l’on explique que l’auteur est propriétaire de sa création. En contrepartie de l’utilisation, il est normal de rémunérer le créateur et les intervenants associés. L’absence d’intervention pédagogique laisse la porte ouverte à plusieurs générations de copieurs invétérés insouciants. Faute de moyens pour les créateurs, ceux-ci perdront les possibilités de se former, de s’enrichir et de s’améliorer. Plus aucun encadrement ne pourra les aider, car plus de revenus.

Les métiers de la musique sont tous basés sur une rémunération au pourcentage. L’artiste étant au centre des revenus, il les partage avec ses partenaires pour pouvoir continuer à avancer ou accélérer le temps.

Le grand public pense que tous les patrons sont comme ceux du CAC 40 et perçoivent des rémunérations parfois supérieures aux footballeurs. La plupart des entreprises en France sont composées de petite PME/PMI avec quelques salariés, et le chef d’entreprise est rarement le mieux payés, et pas toujours à la fin de chaque mois.

Dans la musique, toute le monde pense à Madonna et à Universal et à leur modèle de rémunération et surtout leur train de vie. Ce n’est pas l’essentiel des artistes et des producteurs. Si nous aplanissons les modèles d’encadrement des projets artistiques, alors nous n’aurons plus de reliefs dans la production musicale.

En écrivant ces lignes, je me rends compte du manque de rêve que j’envois, du manque d’intérêt potentiel de n’importe quel média, car à aucun moment je n’explique comment cacher son adresse IP !

29
Mar
09

Hadopi, Cali, copie… Stock options !

albanel1Il y a toujours eu les pour ou les contre, dans tous les domaines. Aujourd’hui, on provoque et on entretient les oppositions. Pour quelles raisons, souvent la réponse arrive plus tard.

Les salariés contre les patrons, les employés contre les employeurs, le refrain du moment est sur toutes les lèvres. Il n’y a rien à voir avec un patron du CAC 40 et un chef d’entreprise de 2 salariés. Pourtant, les syndicats essayent de nous faire croire que les lois doivent être pareilles. Pourtant, souvent, le patron d’une micro-PME gagne moins que ses 2 salariés (ceux-ci ont quand même des phantasmes sur les revenus de leur boss, c’est quand même sa boite).

En musique, c’est un peu la même chose. Quelles sont les similitudes entre le patron d’une major et celui d’un label indépendant ? Cali annonce à la fois des vérités sur France 5, comme les marges importantes des magasins et la TVA à 19,6% qui handicapent le prix du CD, et des généralités mal adaptées à toutes les situations.

Ce n’est pas la Loi Hadopi qui va stopper le téléchargement, et encore moins la copie systématique. Mais c’est une avancée dans la pédagogie et une occasion de parler du droit d’auteur et de la rémunération du créateur, et de ses partenaires.

Depuis des décennies, les producteurs de lait explique qu’ils sous-vendent leurs hectolitres de liquide blanc, alors que le prix du tetra pack est multiplié par plusieurs marges d’intermédiaires. Si Carrefour le vend plus cher que Auchan, on râle sur Carrefour. Pourtant, tout le monde a compris que le magasin peut jouer sur le prix final TTC. Ce n’est pas le producteur de lait qui a un quelconque pouvoir, sauf de trouver du foin pour ses vaches.

Dans le disque, si le CD est trop cher, c’est forcément le producteur qui s’en met plein les poches ! Ces raccourcis grand public me saisissent à chaque fois. Le bout de plastique ne coûte rien à fabriquer, c’est vrai. Mais ce n’est pas le boitier transparent qu’on vend, c’est ce qu’il y a dedans ! Les droits de reproduction mécanique (pour les auteurs, compositeurs et éditeurs), coûtent aussi cher que le bout de plastique. Sur le prix de gros destiné à la base de calcul, le distributeur prend 40%. Sur cette base le magasin ajoute sa marge et la TVA.

Pour les novices, quand le prix de gros est 10 € HT, le CD est à 17,70 € TTC à la FNAC (full price). Le label touche donc 60%, soit 6 €. Le CD coute 1 €,  les DRM aussi, et il y a 1 € pour l’artiste (qu’il soit 1 ou 10). Reste donc environ 3 € pour rembourser l’investissement de la production (studio, mixage, mastering, salaires des artistes, techniciens, réalisateurs, graphistes, photographes, etc…) et les investissements effectués dans le cadre de la promotion et du marketing. Sachant qu’un attaché de presse coute au moins 4500 € pour 3 mois, et les frais d’envois et de matériel promo, il faut déjà 4000 ventes pour équilibrer. Une pub dans un magazine spécialisé c’est à peu près 750 € soit 500 ventes. Une PLV (promotion sur le lieu de vente : 1 belle étiquette dans le magasin pour dire que c’est le meilleur disque du moment) c’est 48 € (et souvent le magasin prend 10 CD), etc…

Comme dans toute industrie, quand Cali vend 100 000 albums et que tous les médias l’accueillent sur l’envoi d’un mail, effectivement que son producteur gagne de l’argent… Mais quand un producteur indépendant ou un artiste sort son album pour en vendre 1200 exemplaires, on ne l’invite pas à Taratata parce qu’il n’a pas assez de comm’, pas assez de marketing, pas assez de vente… On ne prête qu’aux riches.

Alors s’il vous plait les artistes, arrêtez de casser votre métier et ceux qui le font. L’entourage, l’encadrement, sont aussi important que le projet artistique. Si cet entourage n’existe pas, si personne ne donne de moyen financier et ne met en place un minimum de développement grâce à un bon carnet d’adresse, alors vite, faites autre chose.

Pour info, je n’ai pas parlé de la vente numérique, mais il suffit d’enlever le coût du bout de plastique et remplacer la marge du magasin par la marge de la plateforme.

Il est évident que dans ces conditions, il reste difficile de se verser des stocks options cette semaine. Monsieur Pascal Nègre, je vais prendre quelques actions dans votre petite entreprise vu que vous allez fusionné quelques labels et réduire le personnel (il y aura bientôt plus de stagiaires), il me semble donc opportun d’ouvrir mon portefeuille boursier avec l’action de Vivendi Universal. Qu’en pensez-vous, ça vaut l’coup ?

boursierhistoservlet(cours de bourse de Vivendi Universal)